Dans le cadre de la table-ronde interactive Insiders View : les nouvelles voies/voix de l’innovation, édifiée au sein du projet Université de la Paix 2017 de la Cité internationale universitaire de Paris, Arthur Perini et Cristiana Barreto ont entamé une réflexion sur les enjeux inhérents à la notion d’innovation. L’interrogation des multiples facettes d’un phénomène à la fois technique, politique et anthropologique a mené à une conversation sur les liens qui peuvent s’établir entre les innovations scientifiques et l’imaginaire collectif produit au cœur de nos communautés.

L’innovation scientifique : les premiers gestes qui en dessinent l’univers

L’innovation, cette figure animée de nos sciences fondamentales et appliquées, semble s’inscrire en permanence au cœur de deux trames narratives antagoniques, aux saveurs imaginaires et affectives en quasi opposition – deux manières d’en raconter les effets et de se les représenter : discours d’anthologie ou d’hantologie (du fait d’être « hanté » par les effets d’innovation). Ces types de récits fonctionnent comme pour se repérer face aux changements qui nous affectent, tels deux boussoles d’orientation mentales, émotionnelles et historiques qui nous guident et dévoilent, dans un mélange d’anticipation fantasmatique et d’expérience sédimentée, les destinées futures dans lesquelles le progrès et le sens de la progression constante de notre époque nous entraîneraient. L’innovation serait-elle le nom de l’atmosphère globale de notre époque ?

Cette cartographie narrative intuitive et bien souvent irruptive, surface chimérique de nos pensées faite de réflexes et de réflexion, nous renseignerait-elle sur ce que les « Sciences et Industries » comportent encore de particularités culturelles, qu’elles voudraient pourtant effacer au nom de leur portée universelle ? Les mises en récits de ces coordonnées émotionnelles forment la trame sensible et symbolique des effets de ce que l’on nomme « innovation ». Ces récits forment le squelette de leur visibilité. Retournons-en aux prémices du développement de nos outils, de nos savoirs et de nos connaissances et aux mouvements esthétiques et imaginaires qui les accompagnent.

Avant de pouvoir véritablement connaître la valeur d’une innovation, avant que celle-ci ne s’installe effectivement dans l’enceinte habituelle de son utilité pratique et des territoires sociaux de ses usages conventionnels, ce qui la rend possible est précisément le processus de spéculation qui aura guidé sa découverte. Cette poussée spéculative, qui témoigne de nos dispositions attentionnelles (en attentif et attentif) et nous donnent le goût à nos propres humanités, admet généralement, elle aussi, deux états : ce qu’on pourrait nommer la curiosité d’un côté, et le doute de l’autre, les deux versants débordants qui accompagnent le dévoilement du monde d’aujourd’hui et son train de « progrès » actuels. Ces deux notions forment les cadres primordiaux de toute connaissance, et donc de la mise-en-scène de tout processus d’innovation. Cette poussée narrativo-spéculative effrite l’interface des réalités innovantes qui nous sont ainsi présentées, dont les génies politiques et scientifiques façonnent l’apparition publique, et l’effet de prestidigitation qui huile la mécanique rhétorique les rendant indubitables : magie des sciences et de l’industrie qui ravit les chairs de l’envie et l’esprit des possibles.

Quel est le moteur de cette mise en place de la valeur et de ses récits propres ? L’opposition dramatique et rivaliste des récits sur l’innovation nous donnent des indices des rapports de pouvoirs qui structurent la circulation des connaissances et des richesses de nos mondes sociaux et de nos sociétés contemporaines. Par ailleurs, cette hypothèse déplace également les intuitions que nous portons sur les sciences. Elle replace l’imaginaire comme une donnée en partage au sein des sociétés, qui participe au développement et au maintien de leurs institutions, dont celles de la science et de ses univers techniques et théoriques. L’imaginaire en constitue le liant. Tout autant, elle infiltre l’ensemble des interstices qui séparent et distinguent les uns des autres ces domaines bien ordonnés du social et ces régions insulaires des cultures.

Des regards renouvelés sur la production du savoir : la valeur intellectuelle de l’imagination

La science est-elle faite d’une essence spirituelle – au sens d’une activité de l’esprit – différente des autres ? L’esprit des sciences constituerait-il en un renoncement à nos imaginaires ? Selon Philippe Lazar, « le fait que la science procède non seulement de la pensée rationnelle mais aussi de l’imaginaire les rapprochent des autres formes de création, artistique ou littéraire. » Dans ce sens, on définit « l’imaginaire » comme l’ensemble des représentations, images, récits et mythes qui sont produits dans un contexte individuel ou collectif. En Occident, la connaissance scientifique est souvent séparée du domaine de « l’imagination » par une logique positiviste, ne voulant croire qu’aux faits pour eux-mêmes : on retrouve là également les spécificités d’un véritable mythe objectiviste. Cette fixation rationaliste n’est pourtant pas ancrée dans toutes les sociétés, et ne fonctionne pas de la même manière pour les différentes franges d’une même communauté ni pour toutes les personnes qui la constituent. Les débats sur les faits qui animent les quotidiens des sciences et fournissent les petites et grandes affaires de leurs époques sont là pour nous le rappeler. Mais aux débats, aux querelles comme aux affronts survit généralement l’autorité que l’on accorde à ces mêmes faits, produits irréfutables d’un héritage comtiste.

Néanmoins, l’imaginaire peut être considéré comme jouant un rôle central dans la détermination de l’innovation, scientifique ou autre : il en constitue l’ordre à la fois sensible et sensé, lui insuffle une signification, la rend admissible et compréhensible ou nous prévient de leurs dérives. En ce sens, on dira de l’imaginaire qu’il est une chambre d’écho de nos sociétés, provoquant la rencontre de l’abstrait et du concret, il est l’espace mental et social où se configurent les saveurs éthiques et esthétiques de l’ensemble des savoirs que nos sociétés produisent, même inconsciemment. Il constitue tant un mode de diffusion des savoirs que de leur appropriation. On pensera entre autres aux reprises artistiques des vues spatiales proposées par la Nasa depuis des décennies dans l’appréhension de ces réalités, dont la qualité première est le fait même de les atteindre. Cette impossibilité peut être tant spatiale que temporelle, l’imaginaire veille à combler ce fossé expérientiel en lui insufflant une part de fiction.

La valeur intellectuelle de l’imagination, souvent négligée par les héritiers du positivisme et du cartésianisme est donc importante à contempler, car comme le souligne le biologiste Jean-Pierre Changeux, « l’imaginaire est au cœur de la démarche scientifique », de la formulation d’expériences et de raisonnements : il en est le cœur heuristique. Un exemple primordial nous est fourni par le mathématicien Alain Connes, qui dit avoir le sentiment que sa discipline lui permet de « pénétrer par la pensée dans un monde peuplé d’objets préexistants qu’en tant qu’explorateur, il découvrirait. » La réflexion serait donc stimulée par cette sensation d’immersion dans des univers abstrus, hermétiques, comme un astronaute qui explore des galaxies énigmatiques et nébuleuses. Une séparation irréconciliable entre la sphère de l’imagination et de la formulation d’hypothèses serait ainsi responsable de tracer un portrait inexact du raisonnement scientifique. Sur ce même axe, Sylvie Catellain et Xavier Hautbois défendent que, selon « Poincaré et Hadamard (…) l’imaginaire et l’inconscient jouent un rôle important dans l’invention mathématique ». Les murmures de l’Histoire soufflent encore qu’Einstein lui-même pensait en images avant de mener ses démarches scientifiques. L’ouverture d’esprit proportionnée par une imagination fertile pourrait ainsi amener la recherche à des coins inexplorés, en élargissant son potentiel et en contribuant à l’enrichissement de la production de savoir. Et à l’analogisme méthodologique et épistémologique qui structure l’exercice disciplinaire de l’esprit classique des sciences, on aimerait parfois voir s’y substituer une reconnaissance des vertus de la métaphore comme principe moteur de la découverte, voire de l’investigation.

La reconnaissance de ce domaine poétique et spirituel de l’appréhension du monde est fortement valorisée au sein de la cosmologie amazonienne, qui conjecture d’une façon particulière le mode selon lequel les humains, les animaux et les esprits se représentent eux-mêmes et les autres subjectivités qui habitent la planète. S’y développe toute une esthétique de l’altérité forte, différente de la nôtre ainsi qu’une autre manière d’en sentir la présence. Les idées amérindiennes suggèrent en effet, la possibilité d’une redéfinition des catégories classiques de la « nature », de la « culture » et du « surnaturel », en s’appuyant sur la notion de perspectivisme et de différences de points de vue selon le sujet qui porte le regard. Ces idées sont fortement associées au chamanisme, qui conçoit le perspectivisme comme une notion structurante de l’explication cosmologique et un aspect incontournable de la réalité et de la formulation du savoir. L’extension de nos modes de conception du monde à d’autres sensibilités ontologiques s’avère ainsi fondamentale, dans la mesure où cela nous permettrait de nous affranchir des frontières esthétiques et idéologiques dont notre ethnocentrisme actuel souffre et d’entrer dans des formes plus complexes d’appréhension des dimensions ésotériques et spirituelles de l’existence.

Au-delà des limites de la « science » : la découverte comme pratique collective

L’importance de l’imagination dans la production du savoir revient en outre de manière évidente, si l’on pense aux articulations entre la science et l’imaginaire de la littérature et de l’art. L’exemple des romans Verniens qui projetaient des inventions futuristes comme l’usage de l’aluminium, la construction de satellites, la conceptualisation du sous-marin moderne ou du chauffage tellurique (des siècles avant la mise en place de leurs innovations effectives), tout comme le mystérieux croquis de la bicyclette, attribué par certains à l’imagination visionnaire de Leonardo, en témoignent fortement.

En accord avec ce principe, il nous semble donc important de pointer la dimension poétique du travail scientifique, au sens où la science, comme d’autres milieux de développement de la pensée (artistique ou littéraire), constitue une véritable instance, non pas simplement de description du monde, mais de son invention : le travail scientifique, au-delà de son aspect disciplinaire, dont on connaît les vertus productives de méthode et de rigueur, propose un regard créatif sur notre monde. Elle dégage de la réalité des perspectives qui en transforment l’essence et le fonctionnement. Partant d’un principe d’incertitude, la plus belle mission de la science ne semble pas reposer sur la confirmation de nos attentes ou sur la certification du bien-fondé de nos projets collectifs, mais en fertilisant notre curiosité autant que nos savoirs, elle permet de créer de nouveaux espaces de rencontres de l’inattendu.

De manière réciproque, nous pouvons vérifier que les découvertes scientifiques (Newtoniennes et autres) sont à l’origine de transformations au sein des œuvres littéraires et artistiques, influençant donc l’imaginaire de la communauté. Cela est vrai pour une multiplicité de genres, mais si on pense à la science-fiction, il s’avère pertinent d’analyser la réflexion de Maurice Mourier selon laquelle « la science-fiction consiste à partir d’un certain état de la science pour donner un prolongement imaginaire aux résultats acquis. Elle fonctionne comme une espèce d’à côté de la découverte scientifique en fantasmant un risque ou en anticipant l’une de ses conséquences potentielles ». Les dimensions seraient entremêlées et les plans géométriquement confondus, de manière à formuler des nouvelles réalités-fictives.

Dans ce cadre, la création de discours utopiques et dystopiques émergent autour de quelques-unes de ces projections, en stimulant des sentiments effusifs : plusieurs œuvres en témoignent, comme Orwell et la technologie de surveillance massive, Huxley et l’eugénisme, les armes chimiques dans La Guerre des mondes, Asimov et le développement de la robotique. Ou même, au sein de la fiction plus récente, la série Black Mirror, dans laquelle les personnages sont menés à des scénarios extrêmes de dystopie reliés à des développements technologiques déterminés. Les médias « généralistes », non-spécialisés, contribuent souvent eux aussi à la formulation de discours utopiques et dystopiques sur certains aspects de l’innovation, par exemple à travers la démonisation de l’intelligence artificielle ou par la formulation de portraits manichéistes de l’exploration spatiale. En effet, les innovations scientifiques qui se développent à une rapidité continuelle et frénétique possèdent une force immense, dans la mesure où elles sont capables de bouleverser entièrement nos représentations du monde autant que les repères de son fonctionnement technique. Notre imaginaire serait directement frappé par les métamorphoses de la réalité qui découlent du progrès scientifique et des innovations qui en sont la conséquence.

Ce travail d’interprétation moralisante de « la découverte », notamment à travers la fiction, donnant la parole à une pluralité d’imaginaires communautaires dans le champ de la société civile amorce ce processus d’intégration culturelle des fruits du changement technique et technologique des sciences et industries. La représentation morale des technologies produite à l’occasion de ces différentes mises en scène narratives explore donc cette facette souvent négligée par les discours scientifiques et trop monolithique des discours publicitaires auxquels les industries ont recours : la technologie subit ainsi un processus de décontextualisation souvent accompagné d’une refonctionnalisation de celle-ci hors des zones d’application prescrites par leurs créateurs ou concepteurs originaux. En retour, on constate que les industries s’arriment à ces imaginaires culturels pour traduire dans une perspective marchande ou commerciale, les possibilités d’exploitation des découvertes scientifiques, renforçant parfois les imaginaires culturels liés à ces innovations.

L’imaginaire à l’interface des rapports de pouvoir

Ramenée à une préoccupation d’ordre strictement politique, ce mouvement d’anticipation (qui dépasse toujours le territoire de nos connaissances actuelles et qui, pour la plupart, projettent une vision paroxystique du monde à venir) nous renseigne sur les structures de pouvoir en place dans nos sociétés et des expériences collectives qui en sont faites. Prenant en compte de manière systémique le paysage politique contemporain, il nous paraît que ce prévisionnisme (narration des plus souvent dramatique) dénote un état de déséquilibre entre pouvoirs institutionnels et contre-pouvoirs au sein de la société civile. Tout du moins, on y perçoit en tout cas la dépréciation faite des capacités d’évaluation et d’appréciation techno-logique de pans entiers de nos sociétés civiles, dont l’avis et l’opinion, soit-ils littéraires, se voient régulièrement bannis aux rangs de fantaisie imaginaire, déclassés moralement sur l’autel du rationnel ou du réalisme, ou techniquement par la circulation en vase clos de l’information scientifique ou politique.

L’enjeu serait de reconnaître que la société civile n’est jamais absente des débats entre politique publique et politique de développement scientifique mais que, malheureusement, on ne lui reconnaît à ce jour que peu de légitimité à énoncer un monde souhaitable, à circonvenir de manière anticipée à un futur désirable aux prises avec ces technologies industrielles et peu de crédibilité dans l’expression des mesures à envisager pour répondre aux enjeux de gouvernance collective et de développement social en commun des innovations scientifiques.

Face à la rareté des lieux de négociation du pouvoir et dépourvus de moyens directs pour influencer nos réalités individuelles et collectives, les citoyens ont à leur portée deux issues principales, chacune ayant leur propre soubassement dramatique. Premièrement, une fuite dans un principe de consommation culturelle, qui érige progressivement l’inaliénable chaîne de différenciation des identités sociales entre personnages producteurs de culture et personnages astreints à la consommation de celle-ci, sans pouvoir y participer autrement qu’en y injectant l’intégrité de leur force de travail, subissant là leur propre aliénation. Le scénario semble ici se résumer à la maigreur de cette chaîne de production qui seule devrait faire tenir ensemble ces deux continents sociaux dont on connaît aujourd’hui déjà trop bien la dérive.

Deuxièmement, comme semblait le suggérer le biologiste Henry Laborit dans les années 1960-70, par une fuite dans l’imaginaire, comme refuge de nos identités personnelles et collectives. Et c’est ainsi que l’imaginaire nous rend la noblesse qui s’épuise sous les forces du pouvoir et à force de « ne pas tant pouvoir ». En réinventant le monde d’une nouvelle vitalité imaginaire, de la critique au poétique, c’est toute l’interface des rapports de pouvoir qui s’amplifie d’une potentielle transformation.

L’équilibre dynamique décrit ici n’est pas en lui-même le récit d’une destinée certaine, il convoque des rapports de force puissants visant à lutter contre l’instauration d’une hégémonie culturelle. De nombreux facteurs influencent la complexité de la formation de nos sociétés et de ses imaginaires collectifs. Une persistance culturelle particulière, sans doute tout aussi utile que néfaste, interroge justement cette dynamique du changement et de la mutation sociale de nos sociétés actuelles et pourrait à juste titre être considérée comme une véritable technologie symbolique et linguistique du social : la figure du peuple dans l’arène politique de nos démocraties.

Il semble que ce concept politique omniprésent et particulièrement puissant dans les imaginaires élude certaines dimensions constitutives des machines imaginantes de nos communautés politiques et citoyennes : elle ne reconnaît pas le principal enjeu de la diversité et de l’hétérogénéité intrinsèque de la société civile. Prêtant à ces dynamiques sociétales la figure d’une masse anonyme et dénuée de projets intentionnels univoques, dont l’expression n’est que rarement autonome, elle doit toujours être traduite par l’intermédiaire d’un ensemble de personnages emblématiques ou d’instruments de mesure. L’avatar du peuple constitue le monument muet des multiples mouvements de la société civile.

Le renouvellement de l’imaginaire en politique se reproduit donc à travers la commutation des représentations collectives de différents groupes, instrumentalisées selon les différents projets envisagés. L’inventivité individuelle et la capacité de captiver les esprits jouent un rôle fondamental dans la formation de ces discours. C’est bel et bien à travers la manipulation de signes et symboles que se crée cette base susceptible de définir le déroulement de l’action politique, institutionnelle et citoyenne. Ainsi, en manœuvrant les subjectivités, les récits politiques aboutissent à leurs propres machinations de l’imaginaire. Cette opération performative crée pour ainsi dire du réel depuis l’imaginaire et ses mouvements d’inventivité.

À travers les pistes engrenées par cet exercice de réflexion, et en consonance avec ces délibérations entamées collectivement, nous cherchons à nourrir des perspectives nouvelles sur les différents types de production de savoir et de formulation de l’innovation. Cela implique bien entendu une ouverture des espaces, de manière à enrichir la participation citoyenne dans les enjeux d’innovation. L’exercice critique face aux implémentations de produits industriels s’avère fondamentale lorsqu’on considère les effets destructifs que certaines technologies peuvent avoir pour la préservation de l’environnement ou du bien-être collectif. En outre, les affinités entre le développement scientifique et la notion de l’imaginaire, soit dans le domaine de la littérature, des médias et des arts, soit en ce qui concerne la symbologie du politique, nous semblent mériter de plus amples approfondissements. Ces approches non-conventionnelles, renouvelant les potentiels de cohérence et de solvabilité sociétale des innovations scientifiques et technologiques hors des carcans de l’objectivisme et du rationalisme factuel, pourraient elles-mêmes entraîner des mouvements de reconstitution et de réédification des piliers du développement et du savoir

Cependant, toute cette démonstration aura tenté d’insister sur le caractère nécessairement engagé de cette possible transformation : un engagement critique et poétique en provenance et à destination des communautés d’intérêts civils et citoyens : celles-là mêmes qui, de manière directe ou indirecte, par voie de financement ou par l’aménagement collectif des domaines de la curiosité, forment l’enceinte productrice et réceptive de toute perspective d’innovation. Pour comprendre l’horizon que nous pourrions un jour atteindre, il faut penser le chemin qui nous entraîne.

Par Cristiana Barreto et Arthur Perini

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