Un État Kurde, c’est pour demain ? – Cité Unie - Le journal de la Cité internationale universitaire de Paris

short definition of radiocarbon dating truffa iq option Le président de la région autonome du Kurdistan irakien a déclaré l’organisation d’un référendum sur l’indépendance du Kurdistan. Si le oui l’emporte, ce sera probablement le point de départ d’une procédure qui aboutira à un État Kurde. Mais va-t-il être reconnu par les autres pays ? Quels seront leurs réactions et surtout ne va-t-il pas attiser encore plus la poudrière qu’est le Moyen-Orient ? Par Mario Dellagiacoma

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Pokemon Card Maker (unofficial) SKINs allow you to Make your own Pokemon Card! opzioni binarie 24option opinioni A powerful online TCG Maker / CCG Maker for making your Avec la crise syrienne et surtout l’émergence de l’État islamique, la question kurde refait surface sur la scène internationale.

http://fcl-feytiat.fr/?sdrer=rencontre-entre-femme-en-cote-d-ivoire&62b=50 En Syrie, les américains ont toujours essayé de trouver une force d’opposition qui puisse faire face au régime de Bachar Al Assad. Mais la hantise de financer des groupements djihadistes ou islamistes, comme ce fut le cas lors de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, a réduit la marge de manœuvre de l’administration Obama au profit des russes et des iraniens.

La situation fut cependant modifiée avec les YPG, les unités de protection du peuple issues du Parti kurde de l’union démocratique, victorieuses de la bataille de Kobané et fondatrices des Forces démocratiques syriennes (FDS). Ces dernières auront le soutien politique et militaire des États-Unis qui ont même envoyé leurs forces spéciales sur le terrain. Les YPG sont devenus le fer de lance d’une faction qui occupe actuellement une grande partie du nord de la Syrie.

En Irak, ce sont les combattants kurdes, appelés aussi les peshmergas (« ceux qui font face à la mort »), qui ont stoppé l’avancée djihadiste après la perte de Mossoul et la débandade de l’armée irakienne. Lors de la bataille du Mont Sinjar, ce sont toujours eux qui ont sauvé les minorités yezidi d’un génocide certain. Enfin, l’armée irakienne n’aurait jamais pu reprendre Mossoul sans le soutien des peshmergas qui, en avançant vers la ville par le nord, ont permis son encerclement.

Ce retour en force des kurdes relance le débat sur la légitimité de leur volonté indépendantiste. Cette dernière trouve son origine dans les frontières qui ressortent des accords de Sykes-Picot, conçus en 1916 et mis en œuvre en 1920. Afin de combler les intérêts des français et des anglais dans la région, le peuple kurde fut privé de tout État indépendant et éparpillé dans plusieurs pays.

 

http://libraryinthesky.org/?bioeser=que-debe-conocer-un-hombre-humanista&5e1=0c Le référendum, une surprise générale et une communauté kurde divisée

L’idée d’une consultation populaire ne date pas d’aujourd’hui. Dès 2014, les dirigeants de la région autonome du Kurdistan irakien en discutaient. Mais suite à la percée de l’État islamique en Irak, le référendum a été mis de côté. En 2017, la situation se stabilise : l’État islamique se replie sur tous les fronts et la situation dans le Kurdistan irakien semble sécurisée. L’idée d’un référendum refait surface. Mais la surprise fut générale lorsque, le 7 juin 2017, le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, annonce la tenue d’un référendum le 25 septembre. Tout s’accélère, et 7 jours plus tard, le parlement de la Région autonome du Kurdistan irakien vote en sa faveur, sans la présence de l’opposition qui avait appelé au boycott.

Au sein même de la société civile kurde, certains ne sont pas convaincus de la nécessité d’un tel référendum. Une grande partie voit cette consultation populaire comme un moyen d’augmenter l’influence de Barzani dans les futures négociations avec Bagdad. D’autres redoutent les conséquences diplomatiques d’une victoire du « oui ». D’autres encore estiment que le moment n’est pas propice, car l’État Islamique est en repli, mais pas pour autant battu et la situation économique du pays n’est pas stabilisée.

Au sein de la classe politique kurde irakienne, les avis divergent aussi. Le référendum, réclamé par le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Barzani et l’Union patriotique du Kurdistan (PUK), troisième parti du Kurdistan, n’est en revanche pas soutenu par le Mouvement de changement (également connu sous le nom de Gorran Movement) et le Groupe islamique du Kurdistan (KIG).

Ces partis réfractaires plaident en faveur d’un report du vote. Ils estiment en effet que la consultation doit s’effectuer dans un cadre légal. Or, le Parlement kurde à Erbil, qui ne s’était pas réuni depuis octobre 2015 à cause d’une crise politique entre le PDK et le mouvement Gorran, n’est pas en mesure, selon eux, d’assurer un cadre institutionnel à ce référendum.

 

enter L’inquiétude de plusieurs pays

Tout d’abord, ce référendum fait face à une farouche opposition du gouvernement central irakien. Une indépendance de la région autonome kurde, au nord de l’Irak, pourrait déclencher des volontés sécessionnistes d’autres minorités qui mènerait à une dissolution de l’Irak actuel, avec un retour de l’instabilité politique et sécuritaire. Le gouvernement irakien a donc décidé de mobiliser ses armes juridiques. Le 12 septembre, le Parlement central a déclaré ce référendum inconstitutionnel et a voté dans la foulée le limogeage du gouverneur de la région de Kirkouk qui était favorable à l’indépendance. Mais ceci ne veut pas dire que tout dialogue est rompu, le gouvernement irakien poursuit les discussions et les négociations pour trouver une alternative à la consultation populaire.

De son côté, la Turquie voit cette volonté indépendantiste d’un très mauvais œil. Depuis la création de la nation turque sous Mustafa Kemal, les revendications de la communauté kurde dans le territoire turque ont toujours été réprimées et muselées. Officiellement, pour le gouvernement d’Ankara, un État kurde indépendant à ses frontières est vu comme une possibilité de base arrière et de soutien pour le PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan qui se bat pour l’indépendance de la région du nord de la Turquie à majorité kurde. Mais officieusement, il n’est pas opposé un à État kurde hors de ses frontières, car il est persuadé que cela va enterrer le pankurdisme ; ce rêve de créer un État qui réunit toutes les populations kurdes habitant la Syrie, la Turquie, l’Iran et l’Irak. Face au défi de ce référendum, le gouvernement d’Erdogan brandit l’arme économique. En effet, le Kurdistan irakien tire l’essentiel de ses exportations du pétrole via un pipeline arrivant au port turc de Ceyhan.

Mais l’opposition la plus fervente à la création d’un État kurde indépendant vient de Téhéran. Du chah d’Iran à la République islamique qui lui succéda, toute idée d’autonomie pour la minorité kurde fut catégoriquement écartée et surtout réprimée dans le sang. Pour l’Iran, autonomie est synonyme de sécession et surtout avec un gouvernement qui repose sur une interprétation stricte de l’islam, il n’y a pas et ne peut y avoir de place pour autre que le religieux dans la société.

Afin d’accentuer la pression sur les autorités kurdes pour qu’elles annulent ce référendum, une alliance inhabituelle s’est mise en place entre la Turquie sunnite et l’Iran chiite.

Les capitales occidentales, et surtout les États-Unis, appellent aussi à l’abandon du référendum. Depuis l’émergence de l’État islamique, certains pays occidentaux et plusieurs pays arabes ont formé une coalition militaire dirigée par les États-Unis afin d’éradiquer cette menace. L’objectif prioritaire est la destruction, d’un point de vue militaire, de l’État islamique et donc toute question d’ordre politique est mise de côté. Selon eux, toute indépendance du Kurdistan irakien pourrait déstabiliser la région et, dans le pire des cas, causer un vide sécuritaire que les djihadistes se feront un plaisir de remplir. D’autre part, l’affaiblissement de l’Irak serait bénéfique pour Téhéran qui pourrait ainsi accroître son influence dans la région et disposer d’un couloir direct avec ses alliés syriens et libanais. Face à ces éventualités, des émissaires américaines se sont rendus à plusieurs reprises à Erbil avec des propositions prônant le dialogue  avec les autorités irakiennes et écartant tout référendum. En parallèle, le gouvernement américain brandit aussi la menace de coupure de soutien politique et militaire.

 

go here Beaucoup de questions et peu de réponses

La zone où sera organisée la consultation populaire est source de tensions. Les autorités kurdes ne veulent pas se limiter aux trois régions qui composent le Kurdistan irakien, elles veulent aussi y intégrer les territoires occupés par les djihadistes de l’État islamique et que les forces kurdes ont libérés, en particulier la région pétrolifère de Kirkouk. Selon les autorités kurdes, ces territoires appartiennent christliche partnervermittlung leipzig de facto à la région autonome du Kurdistan irakien. Toutefois, il s’agit de régions peuplées par des kurdes, des arabes sunnites, des turkmènes et des chrétiens qui ne sont pas tous favorable à une indépendance. Le 29 août dernier, le Conseil provincial de Kirkuk a certes voté en faveur d’un référendum dans la province, mais sur les 41 membres, 17 se sont abstenus. Il s’agit des représentants arabes et turkmènes qui voulaient dénoncer le caractère non constitutionnel du vote. Le président Barzani, lors d’un entretien avec France 24, promet que l’avis de la population de Kirkuk sera respecté, même si la région refuse de faire partie du nouveau Kurdistan. Mais vont-ils vraiment abandonner ce territoire riche en pétrole et fondamental pour la relance de l’économie kurde violemment touchée par la baisse des prix du pétrole ? Vont-ils rendre un territoire qui a été conquis au prix du sacrifice de nombreux peshmergas ?

Les conséquences du référendum sont multiples. Si le « oui » l’emporte, le Kurdistan irakien risque de s’isoler sur le plan régional et surtout international. L’expert Nathaniel Ribkin résume ainsi la situation : « Si un accord n’est pas trouvé avec Bagdad sur les frontières, de nombreux pays hésiteront à reconnaître une déclaration unilatérale d’indépendance ». Des tensions pourraient aussi émerger au sein même de ce nouvel État. En effet, la région de Kirkuk est occupée par les forces kurdes, mais aussi par des milices de la mobilisation populaire, à majorité chiite et fidèles à Bagdad et à Téhéran.

Et si le but du référendum n’était pas nécessairement l’indépendance ? Selon certains experts, il s’agirait plutôt pour les autorités kurdes d’accroître leur pouvoir, afin d’être en position de force lors de futures négociations avec Bagdad. Car si le « oui » gagne, le gouvernement irakien ne pourrait pas ignorer la volonté d’une partie de sa population.

Il ne faudrait pas écarter l’hypothèse que l’Irak et le Kurdistan trouvent un consensus pour reporter la date du référendum ou même l’annuler. Mais le Kurdistan irakien a déjà acquis une considérable autonomie et l’indépendance semble se profiler comme la prochaine et dernière étape.

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