Entre ses passages dans les villes de la Belle province, l’artiste québécoise Klô Pelgag se balade à travers les départements français. Devant un public différent, sa quête est simple : partager ses errances lyriques et musicales.

Textes aux métaphores brillantes et trame narrative vacillant entre naïveté et absurde, Klô Pelgag a offert à son public parisien le spectacle tiré de son dernier album L’étoile thoracique, le 8 février dernier au Café de la danse.

L’album sorti le 4 novembre dernier au Club Soda, à Montréal a touché le Vieux Continent depuis déjà plusieurs mois. Pour la formation, il est de tradition de travailler de façon parallèle entre ces deux pôles de la francophonie.

Ne jamais se travestir

C’est avant tout pour partager et faire circuler sa musique que la chanteuse et musicienne a rapidement valsé entre son public bien établi au Québec et la découverte de l’univers de la musique en France. « Je ne veux pas percer, je n’ai pas des ambitions de remplir des stades ou de jouer je ne sais pas où… je fais de la musique et j’ai envie que ce disque-là rejoigne le maximum de gens qui peut toucher », précise Klô Pelgag.

La jeune musicienne croit d’ailleurs que pour ce faire, il est important de sortir des grands centres et d’aller plus loin. « La France c’est immense, il y a énormément de gens donc c’est toujours une nouvelle occasion de découvrir des personnes », s’émerveille-t-elle.

Devant une salle pleine, Klô Pelgag a posé rapidement les assises d’une soirée colorée.  Authentique, elle s’est présentée vêtue d’un costume à la surface presque uniquement composée de Velcro où se côtoyait une camaraderie d’objets disproportionnés, pointe de pizza en feutre et os géant en peluche…

Entre ses chansons, l’artiste de 26 ans s’offrait quelques danses saccadées et improvisations lascives en distribuant des fraises à un public attentif.

Klô Pelgag Cité Unie 2

« C’est tellement étrange parce que c’est des publics très différents…Il y a des gens qui viennent à tous les spectacles à Paris,  et il y en a pour qui c’était la première fois! Il y a encore beaucoup de découverte par rapport à Montréal », affirme l’auteur-compositeur-interprète.

Klô Pelgag a admis que le public français était parfois moins expressif que les foules d’environ 1000 personnes qui assistent parfois à ses représentations au Québec. Par contre, elle ne change pas de formule pour plaire, « ma devise c’est un peu l’intégrité, de ne pas limiter les idées par rapport à des contraintes du milieu du disque, de ne pas me répéter non plus, et de poursuivre, et de me surprendre », affirme-t-elle.

L’étoile thoracique : Viser le ciel

C’est six personnes qui formaient les branches de cette « étoile thoracique » qui a teinté de couleur la grisaille de ce Paris hivernal, déjà 3 ans après le premier succès de la formation, L’alchimie des monstres. Deux violons, un violoncelle, une basse, un percussionniste ainsi que  la chanteuse, guitariste et pianiste, Klô Pelgag, formaient l’ensemble présent sur cette scène du 11ième arrondissement.

Libre et sereine, Klô Pelgag s’est démarquée en originalité par ses présentations qui divaguaient et partaient à tous les vents rejoindre l’oreille d’un public assez éberlué et rieur devant les digressions verbales et mimiques de la chanteuse.  Après avoir présenté une de ses chansons en remerciant Robert de Niro et Star Wars, elle a dédicacé une mélodie « aux amoureux, aux amoureuses, aux célibataires….aux gens qui aiment leurs parents, à ceux qui auraient aimé être aimés par leur père ou par leur mère… à ceux qui auraient aimé avoir un père ou une mère, bref, à tous ceux qui sont nés », a-t-elle affirmé avant d’éclater en rire devant sa propre description et de poursuivre en musique.

Encore plusieurs dates de représentations sont au calendrier de Klô Pelgag qui devrait avoir du pain sur la planche jusqu’à l’été.

L’artiste a réussi à impressionner plusieurs personnes, alors que les techniciens roulaient les nombreux fils et rangeaient le matériel de tournée, les murmures de la foule étaient joyeux, certains se suggéraient d’autres découvertes québécoises. « Tu connais pas les Hay Babies ? C’est trop bien ! Il y a Salomé Leclerc aussi ! », a stipulé une admiratrice visiblement québécophile au niveau musical.

La suite est encore éloignée et incertaine pour l’artiste. « Je vais me laisser surprendre dans le futur sur ce que je fais, j’aimerais bien collaborer davantage avec d’autres milieux et d’autres formes d’art… », affirme Klô Pelgag, encore tout en costume au moment de recevoir les compliments de la foule parisienne.

 

Par Isabelle Grignon-Francke
Maison des étudiants canadiens 

A propos de l'auteur

Cité Unie offre une couverture de l’actualité internationale à travers la perspective des résidents de la Cité internationale universitaire de Paris.

Articles similaires