Les femmes représentent, au niveau mondial, 4% des postes de PDG des plus grandes entreprises et 23% des sièges au parlement, contre 61,5% des travailleurs du domaine du service. Peut-on parler de ségrégation professionnelle, incombant au moins à la moitié de l’humanité ?

C’est à cette question que tente de répondre un nombre grandissant de recherches sur la place des femmes dans le marché du travail. L’ONU indiquait dans son rapport du Secrétaire général de 2017 que « Les femmes occupent majoritairement des emplois moins qualifiés, moins rémunérés et plus précaires […]. » C’est qu’une discrimination, plus systémique, est bien ancrée chez les employeurs. Les barrières structurelles telles que le manque de flexibilité des horaires de travail empêchent les femmes de concilier à la fois une vie de famille et un emploi épanouissant. Au fil des ans, le travail à temps partiel a gagné du terrain et est devenu l’emblème de la division sexuelle du marché du travail.

Le plus grand frein à l’égalité est sans contredit l’absence d’autonomie financière du sexe féminin, entretenue par l’économie « souterraine ». Elle illustre efficacement le propos, n’offrant que de très mauvaises conditions aux principales intéressées. Les femmes qui assurent en grande partie le travail d’aide familial, non rémunéré et très exigeant, sont maintenues dans le cercle de la vulnérabilité le plus sournois et contraignant.

Dans ce contexte, les lois pour la parité en emploi ne peuvent apparaitre autrement qu’en grandes sauveuses. Elles sont toutefois à nuancer, car d’une part, elle emboite le pas à un processus plus officiel d’inclusion de la femme, mais le souci, c’est qu’elles ne vont pas toujours s’attaquer aux bons problèmes. Elles ne se préoccupent pas de revaloriser certains métiers, soigneusement maintenus au bas de l’échelle, et de démystifier les contraintes des mères de famille. Surtout, elles tournent le dos à la stigmatisation que vivent celles qui sont embauchées parce que l’employeur « n’avait pas le choix ».

Tout cela, c’est sans compter le persistant écart salarial de 23% entre les femmes et les hommes, pour un travail similaire. On peut dès lors s’interroger sur l’application de ces multiples textes de bonnes volontés.

Mais, ces inégalités professionnelles sont bien plus abstraites que ne tente de les résoudre le politique. Elles proviennent de l’ombre d’une mentalité qui a eu cours de longues années durant, octroyant une place plus que limitée à la femme dans le marché de l’emploi. Si on chiffrait les pertes qu’engendre une présence non équivalente de la femme à celle de l’homme dans l’économie, on arriverait à 28 milliards de dollars US de croissance annuelle mondiale du PIB. Le son de la cloche du changement s’est fait entendre depuis déjà bien des années, mais la souche du problème réside indéniablement dans l’éducation et la sensibilisation.

http://www.humanite.fr/la-place-des-femmes-dans-le-monde-du-travail-t-elle-evolue-601280

http://www.lautreparole.org/articles/391

http://interactive.unwomen.org/multimedia/infographic/changingworldofwork/fr/index.html

Par Camille Bérubé-Lepage- Maison des étudiants canadiens- Étudiantes au baccalauréat en droit de l’Université Laval, en échange à l’Université Paris Descartes