Popularisé en Russie en 2011, le concept des Anti-Cafés est bien simple : plutôt que de payer pour chaque item consommé, le client est perçu plutôt comme un usager qui paie pour le temps qu’il passe dans le café.

C’est donc la durée, la communication et l’échange qui sont privilégiés dans ce type de lieu, et non pas la consommation. L’idée s’est aujourd’hui diversifiée et répond à des besoins plus spécifiques selon les villes, les quartiers et les clients :en plus d’offrir les consommations traditionnelles, certains Anti-Cafés sont également des lieux où l’ont peut tricoter, jouer à des jeux vidéo ou travailler en coworking. La majorité visent une clientèle variée, mettant à la disposition des usagers des espaces pour que puissent cohabiter toutes sortes de gens, des professionnels web aux écrivains, des digital nomads aux amateurs de jeux de société, des simples lecteurs aux étudiants en fin de semestre.

À Paris, il faut faire la queue pour entrer partout et les bibliothèques sont bondées. Le confort des espaces publics est trop limité pour y travailler et la consommation fait souvent loi. Les Anti-Cafés, avec leurs boissons et leur nourriture à volonté, apparaissent alors comme une option intéressante et originale pour vos séances de travail parisiennes, moyennant une somme, il faut le dire, plutôt considérable. Cité Unie en a visité trois pour vous.

Nuage café

Anti-Café Cité Unie 2

Savamment situé à un jet de pierre de la Sorbonne et de la bibliothèque Sainte-Geneviève, Nuage Café offre des salles aux ambiances variées, créant ainsi un lieu idéal pour une clientèle diversifiée : salon tranquille muni de fauteuils confortables, salle de réunion bien isolée, espace café traditionnel aux plafonds hauts et, à l’étage, un espace de travail individuel où règne un silence propice à la concentration, rarissime à Paris. Auprès du comptoir à café sont également installés des babillards sur lesquels les clients sont invités à apposer cartes d’affaires et petites annonces – ici, vous trouverez des tours guidés de Paris, des cours de langues et des ateliers de musique à très bas prix. Cette attention permet de découvrir les différents usagers du Nuage Café et, ce faisant, de faire partie d’une communauté, tandis qu’on attend notre café, choisi parmi une liste exhaustive et bien détaillée. En plus d’être le moins coûteux de notre liste, le Nuage Café se démarque des autres par sa proximité avec l’université, par ses choix d’ambiances et par son architecture.

Où : 14, rue des Carmes, 5e arr.

Tarifs : 4€ par heure, 20€ par jour,  80€ par semaine, 250€ par mois

Tranquillité : variable (silencieux à l’étage, plus vivant au rez-de-chaussée)

Réductions : 20% pour les étudiants sur le tarif pour la journée.

 

Hubsy Café

 

Le Hubsy est plus fréquenté que les autres, mais demeure paradoxalement plutôt tranquille, ce qui permet de profiter d’une séance de travail assez productive. Suivant la même logique que les autres espaces de coworking de la ville, le Hubsy se distingue par son riche café préparé par des baristas professionnels et connaisseurs. On n’y sert que le Pfaff, « artisan torréfacteur de père en fils depuis 1930 », ce qui permet au Hubsy de se rapprocher des cafés dits de troisième vague. La succursale d’Arts et Métiers, petite et cosy, est plus traditionnelle que les autres Anti-Cafés de Paris, mais elle est munie d’un sous-sol qu’on peut réserver pour des réunions.

 

Où : 2 succursales (Arts & Métiers et République).

Tarifs : 5€ par heure,  2€ par ½ heure supplémentaire, 20€ par journée.

Tranquillité : variable selon les clients, mais généralement très tranquille.

Réductions : choix de cartes prépayées à 20€ et à 250€ qui incluent des réductions.

 

Anticafé Beaubourg

Faisant partie du réseau officiel des Anti-Cafés européens, cette chaîne compte des succursales à Rome, à Lyon et en Aix-en-Provence. À Paris, quatre Anticafés offrent aux clients des espaces ingénieux dont la majorité sont créés par le collectif de design Bonkerslab. Plus coûteuse que les lieux précédents, cette chaîne offre une formule d’abonnement qui permet d’obtenir toutes sortes de réductions. La succursale de Beaubourg, la première du réseau, n’a peut-être pas le niveau de tranquillité souhaité pour travailler sans distractions, mais son confort et sa déco restent malgré tout charmants.

 

Où : 4 succursales à Paris (Beaubourg, Louvre, Olympiades et République).

Tarifs : 5€ par heure,  24€ par jour, 240€ par mois.

Tranquillité : variable selon les clients (un peu criards lors de notre visite) et la musique (parfois forte).

Réductions : 10% pour les étudiants, 15% pour les membres.

 

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Ces Anti-Cafés, dont la plupart se trouvent à proximité, partagent cependant un défaut : tous trois sont très similaires. En effet, ni la déco (murs blancs, omniprésence de bois, objets colorés), ni les prix (quand même plus élevés que ceux des Anti-Cafés d’Amérique du Nord), ni la nourriture qu’on y sert en mode buffet (pain, confitures, salades, muesli, biscuits et galettes) n’arrivent vraiment à les distinguer. Néanmoins, puisqu’ils valorisent tous le travail, l’échange et la lecture plutôt que la consommation, ces cafés deviennent des lieux privilégiés pour celles et ceux qui fuient les bureaux, les bibliothèques et les cafés traditionnels, afin de profiter d’un cadre sympathique, d’espaces vivants tenus par des employés gentils et serviables. D’ailleurs, ces Anti-Cafés sont victimes de leur succès et peuvent se remplir assez rapidement. Mais n’ayez crainte : il est possible désormais de réserver une table, comme quoi ces endroits sont véritablement à l’écoute de leurs clients.
Par Nicholas Dawson
Maison des étudiants canadiens

A propos de l'auteur

Cité Unie offre une couverture de l’actualité internationale à travers la perspective des résidents de la Cité internationale universitaire de Paris.

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