En pays d’exil, même le printemps manque de charme ” (proverbe russe).  L’exil est une espèce de longue insomnie” (Victor Hugo). Pas facile, la vie d’expatrié ! Petite revue des 8 traits que partagent tous les étrangers du monde.  

1. Tu passes plus de temps en vidéoconférence qu’un PDG

Ils sont éloignés, les amis et la famille. Et la seule façon de garder contact avec eux, c’est par de longues séances Skype. Bon, parler à son ordinateur pendant des heures n’est certes pas idéal, surtout vu le décalage horaire. Et question esthétique, on a rarement fait mieux pour vous déformer le visage. Ne sois pas surpris si tes voisins te regardent étrangement lorsque tu les croises : pour eux, tu es un illuminé qui passe ses nuits à parler aux esprits à voix haute.

2. Toutes tes phrases commencent par “Par chez moi…”

Tout bon expatrié est un champion au jeu des comparaisons : il critiquera les dérives administratives, soulignera l’incohérence de certaines institutions et rira des pratiques culturelles loufoques.  Mais il saura aussi admirer la grandeur des autres nations – et apprendre des valeurs et de la culture des autres. Après tout, c’est à force d’échanger qu’on va finir par se changer.

3. Tout ce qui vient de ton pays d’origine te rend fou de joie

Il suffit qu’en marchant dans la rue tu aperçoives une bière, une affiche de film ou une marque de ton pays d’origine pour que tu t’emballes. Tu as des palpitations, ta pression artérielle grimpe en flèche, ton teint rougit et tu cries : “ça, c’est de mon pays !” Fier comme Artaban, tu t’assures alors de faire découvrir ce trait culturel à tous tes nouveaux amis.

4. Tu es le centre de l’attention dès que tu ouvres la bouche…

Et ce n’est hélas pas en raison de ton sourire éclatant. Au premier mot, tu es découvert(e) : “Ah, vous n’êtes pas d’ici, vous !” Et s’ensuit le long interrogatoire de police habituel : nationalité, âge, motifs du séjour, niveau de satisfaction. Les services douaniers ne feraient pas mieux. C’est alors l’occasion d’entendre les habituels préjugés sur ton pays d’origine. Ah, le Canada, il doit faire moins cinquante là-bas ? Oh, les États-Unis, tu as dû voter pour Trump ? Si tu viens de l’Inde, tu dois adorer les films Bollywood ? Tu me dis que tu es Norvégien, mais pourtant tu n’es ni grand ni blond ? Il faut t’y habituer : tu représentes désormais le summum de l’exotisme.

5. …et tu as perdu espoir de te faire comprendre du premier coup

Si tu habites dans un pays où on ne parle pas ta langue maternelle, c’est foutu : prépare-toi à répéter deux ou trois fois tout ce que tu dis avant d’être compris. Et même si c’est ta langue maternelle, ton accent te jouera forcément des tours.

6. Certains produits alimentaires te manquent terriblement

On veut toujours ce qu’on ne peut pas avoir. Des petits produits banals sont maintenant au centre de tes convoitises. Tant pis pour le caviar : tout ce que tu veux, c’est du beurre d’arachides, du Vegemite ou du Nutella au petit-déjeuner pour mettre sur ton Rugbrød.  Et dire que pendant toutes ces années, tu les avais tenus pour acquis. C’est le moment parfait pour lancer ta petite entreprise d’import-export.

7. Tes compatriotes expatriés sont devenus ta famille

Il n’y a rien de mieux que passer quelques heures avec des gens qui viennent du même pays que toi. Car si les séjours à l’étranger sont agréables, il peut devenir épuisant de ne jamais être dans sa zone de confort. Enfin quelqu’un pour comprendre tes délires et tes angoisses, ou pour finalement rire de tes blagues. La providentielle pause culturelle !

8. Tu es en train de devenir un citoyen du monde

Tes références culturelles sont maintenant internationales. Tes amis viennent de partout, et où que tu ailles, tu sais que tu te sentiras chez toi. Les perspectives s’élargissent. C’est la beauté d’être un expatrié : le monde est maintenant ton terrain de jeu.

 

Par Julien Beaulieu

Québécois en stage à Paris, Julien habite la Maison des étudiants canadiens.

A propos de l'auteur

Directeur général, Julien étudie le droit à l'Université de Sherbrooke (Canada) et l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il réside à la Maison des étudiants canadiens.

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